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désir sacré

Compagnie Oghma, Paris

Phèdre, épouse du roi Thésée se meurt d’un mal qu’elle cache: elle aime, désire son beau-fils Hippolyte d’une passion criminelle, monstrueuse.

Phèdre & Hippolyte est la dernière pièce profane de Jean Racine, mais n’est-ce pas également sa première pièce religieuse? Le sacré y est au moins aussi présent que dans ses deux dernières tragédies bibliques, écrites pour les élèves de Saint-Cyr.

Phèdre y reçoit la Grâce janséniste grâce à la mort d’Hippolyte, dont elle est la cause, et qui, tandis que se déroule l’action, ne vit qu’une longue passion dans le sens christique du terme: jugé à tort par ses pairs, il est chassé et conspué et finit par mourir, sacrifié.

C’est aussi une forme de théâtre sacré, qui naît de la parole des acteurs, où tout tend vers quelque chose qui nous dépasse, et qui nous submerge. Sacré au même titre que l’était le théâtre baroque, et que le sont encore aujourd’hui le Kabuki au Japon ou le Kecak à Bali.

Les acteurs chantent presque, comme si c’était un oratorio baroque, comme la musique de la Matthäus-Paßion (BWV 244) de Johann Sebastian Bach, qui accompagne et porte le texte, le ponctuant à intervalles irréguliers, comme un kommos dans une tragédie grecque, où le héros malheureux chantait son désespoir aux dieux dans un dialogue avec le chœur.

Après avoir été nombreux à chaleureusement l’accueillir lors de sa création parisienne en mai 2008, vous avez à nouveau réservé un triomphe au spectacle lors d’une reprise à Angoulême.

Cette grande tragédie sacrée a été portée par François Echassoux (Thésée), Christine Narovitch (Phèdre), Yoann Boyer (Hippolyte), Laure Espinat (Aricie), Meräye Lacoste (Œnone) Franck Cadoux (Théramène) et Justine Le Pottier (Panope & Ismène), qui étaient accompagnés par L’Ensemble baroque Oghma: Joanna Brycht (premier violon), Anne Pekkala (deuxième violon), Jérôme van Waerbeke (alto), Clémence Prioux (violoncelle), Tristan Le Goff (épinette) et Charles Di Meglio (luth et chant). La direction musicale et la mise en scène était de Charles Di Meglio.

Vous pouvez découvrir quelques photographies tirées du spectacle, ou lire une interview accordée par le metteur en scène à Antoine Martin, pour Discordance.fr 2 3 4 5 6 7 8 9 10